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Compte rendu de la conférence publique par Christina Jürges



LA PERTINENCE EN 2012 DU MODÈLE COOPÉRATIF POUR LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT ET EN ÉMERGENCE

Organisée par : l’Association Canadienne pour les Nations Unies (ACNU) – Grand Montréal
Date : Mercredi 21 mars 2012 à 18 h 30
Lieu : Salle de conférence, Osler, Hoskin & Harcourt, 1000, rue De La Gauchetière Ouest,
21e étage, Montréal.


Conférencière : Anne Gaboury, présidente-directrice générale de Développement international Desjardins (DID).

Mots de bienvenue par M. Louis Dussault, membre du conseil d’administration de l’ACNU-Grand Montréal

Mots de bon accueil aux participants à la conférence par maître Catherine Bleau, membre du c.a. de l’ACNU-Grand Montréal au nom du bureau d’avocats dont elle fait partie.

Remerciement des partenaires par M. Louis Dussault


Madame Lamarre Proulx souligne que selon l'ONU, les coopératives rappellent à la communauté internationale qu’il est possible de vouloir à la fois la viabilité économique et la responsabilité sociale. Les coopératives sont des entreprises qui cherchent à trouver un équilibre entre la quête de profit et les besoins et intérêts de leurs membres et communautés. 

Au sujet de Développement international Desjardins, DID, elle fait valoir que depuis plus de 40 ans, cette entreprise bancaire s'emploie à partager avec les pays en développement et en émergence l'expérience et l'expertise du Mouvement Desjardins, le plus grand groupe financier de nature coopérative du Canada. 
Madame Lamarre Proulx a brièvement présenté Madame Anne Gaboury présidente-directrice générale de DID :
 -   avant d'occuper son poste actuel, madame Gaboury a assumé diverses fonctions à la Confédération des caisses populaires Desjardins et chez DID,  elle a géré les activités de recherche et développement. 
-    madame Gaboury détient une maîtrise en psychologie et une maîtrise en administration des affaires (MBA). Depuis 2009, elle est aussi administrateur de société certifié (ASC). 

Communication de Madame Anne Gaboury
- Mme Gaboury remercie l’ACNU-Grand Montréal pour l’invitation.
- Mme Gaboury divise sa présentation en 4 parties principales :
·      2012 Année internationale des coopératives : où se situe le mouvement coopératif ?
·      La pertinence du modèle coopératif
·      L’expérience de DID
·      Enjeux et perspectives

2012 Année internationale des coopératives :
- 1 milliard de personnes sont membres des coopératives. Les coopératives emploient plus de 100 millions de personnes au niveau mondial. Elles ont un impact très important.
- Le Québec constitue un terreau fertile pour les coopératives. On compte 8.8 millions de membres (70% des Québécois sont membres d’une coopérative)
- Desjardins constitue le premier employeur privé

Les coopératives financières :
- Les coopératives financières rejoignent plus de 620 millions de gens dans les seuls pays du G-20
- Mme Gaboury donne également l’exemple du RCPB, le Réseau des Caisses Populaires du Burkina Faso. Il s’agit d’un réseau autogéré et profitable pour les Burkinabé.
- Mme Gaboury explique que le crédit n’est pas tout et qu’il faut une diversité de services pour les gens

La pertinence du modèle coopératif :
- Pendant la crise financière en 2008, les coopératives ont beaucoup mieux résisté contre la crise que les banques du secteur privé. En général, on peut dire que les coopératives ont un taux de survie supérieur aux entreprises privées.
- Quels facteurs expliquent la résilience du mouvement coopératif?
·      Il s’agit d’offrir des services au lieu de viser le rendement sur le capital
·      Les membres sont à la fois investisseurs et utilisateurs
·      Il y a une gestion démocratique
·      La force du réseau (les caisses deviennent un réseau)
·      Les coopératives n’ont pas besoin d’être appuyées par les gouvernements (comme on a vu dans l’année 2008 pendant la crise financière)
·      On voit une solidarisation
·      Le modèle coopératif sait rejoindre les exclus du secteur financier classique (dans les pays développés et les pays en développement)
·      En 2012, le modèle coopératif est plus pertinent que jamais

L’expérience de DID :
- Dès 1963, l’Institut coopératif Desjardins (ICD) accueille des stagiaires (de l’Afrique, de l’Asie, de l’Amérique latine)
- En 1970, il y avait la mise en place d’une composante dédiée à la coopération avec des pays en développement (sous forme de partage d’expérience)
- 80% des gens n’ont pas d’accès à des services financiers de base dans les pays en développement : il y a une corrélation directe entre le manque d’accès aux services financiers et la pauvreté
- La mission de DID est de « favoriser la maitrise d’institutions financières à propriété collective et à rayonnement communautaire »
- Les convictions de DID :
·      « La finance est un pouvoir » qu’il faut démocratiser et rendre disponible à tout le monde
·      Cela sera bénéficiaire et nécessaire pour le développement des individus et des communautés

DID en 2012
- On compte 110 employés permanents
- Son métier : expert en développement de la finance inclusive (microfinance)

- Quels sont les services de DID?
- Les niveaux d’intervention suivants :
·      Le cadre légal
·      La surveillance externe
·      L’organisation en réseau, le développement de systèmes, la création d’unités d’affaires
·      La création de points de service et l’introduction de produits pour les clientèles pauvres
- Mme Gaboury souligne que les besoins des partenaires sont diversifiés, il est donc important de développer des solutions spécialisées : on peut donner des crédits pour :
·      La « mobilisation de l’épargne »
·      Le « financement agricole »
·      Les « solutions technologiques » (par exemple les ordinateurs)
·      La « formation »
·      La « surveillance »
·      Le « financement de l’entrepreneur » (et le financement des entreprises pour le développement d’emploi) : « en Afrique, chaque prêt accordé à une petite entreprise génère en moyenne 1.4 emplois »
·      La « microassurance »
·      Le « financement de l’habitat »
·      Le « crédit scolaire » (le financement d’écoles)
·      Les « investissements »

Le réseau DID aujourd’hui 
- On compte 8.8 millions de membre et clients
- Il y a 2541 points de service
- Mme Gaboury parle de l’établissement du réseau international Proxfin

Les enjeux et perspectives de DID :
- La reconnaissance dans leur milieu, il faut reconnaître la valeur des institutions
- Une bonne gouvernance et appropriation
- L’intercoopération sous forme de partage d’expertise
- Les coopératives doivent être innovantes (la concurrence est vive!)
- Mme Gaboury conclut que la diversité des modèles économiques est d’une grande importance. Les coopératives ont une contribution positive à faire et elles doivent être reconnues comme modèle de développement important.




Période de questions
Échange animé par M. Gilles Gingras, Vice-président de l’ACNU-Grand Montréal


Q: Vous avez dit que DID était actif au Mexique au niveau de la surveillance. Pourriez-vous SVP préciser?

A (Anne Gaboury): Cette demande est venue des caisses populaires elles-mêmes. Il s’agit de professionnaliser la supervision et d’investir dans le développement de professionnalisation des institutions. Le modèle était l’association des caisses avec les fédérations. On a crée des comités de supervision. En ce moment le procès est autoportant.




Q : Qu’est-ce que vous pensez de l’argument selon lequel « le microcrédit va rendre les gens encore plus pauvres »?

A (Anne Gaboury): Il faut faire une distinction importante entre le microcrédit et l’aide financière. Le microcrédit est une pratique stratégique, qui inclut une analyse économique, on vérifie à quoi l’argent va servir. La pratique du microcrédit passe aussi par des institutions régulées et supervisées, on a donc la possibilité de contrôler et d’analyser le processus entier.




Q : Nous avons appris que 80% des gens dans des pays en développement n’ont pas d’accès à des services financiers. Comment peut-on expliquer cela au 21ième siècle? Et quels avantages avez-vous en comparaison avec les institutions financières privées?

A (Anne Gaboury): Il s’agit de deux modèles différents. Le réseautage est un aspect très important. Il est difficile de se créer une base, mais une fois cette base est établie, tout fonctionne et marche.



Q : Prenons l’exemple de l’Afrique de l’ouest. Est-ce que le rôle de DID y est limité aux microcrédits?

A (Anne Gaboury): Le microcrédit est une pratique très populaire, mais on cherche aussi d’autres moyens stratégiques, parce qu’on veut servir tout le monde (voir aussi les « solutions spécialisées »)



Q : Comment est-ce que vous entrez dans un pays?

A (Anne Gaboury): Il doit y être une convergence entre un besoin dans les pays et un éventuel bailleur de fond intéressé pour financer. Il faut aussi être proactif.



Mots de conclusion par Jean-Pierre Chicoine, Coordonnateur chez Oxfam Québec
M. Chicoine parle de ses expériences en Haïti. Haïti constitue un exemple où les organisations ont contribué à un changement important. DID a su s’adapter, ce qui est une raison importante pour laquelle DID est toujours aussi pertinent aujourd’hui.
M. Chicoine félicite Mme Gaboury en son nom et au nom de l’ACNU-Grand Montréal pour son travail remarquable.

Présentation Powerpoint de Mme Anne Gaboury                                                                                           
















Compte rendu de la conférence publique par Christina Jürges



LE PRINTEMPS ARABE : LE DÉMOCRATE, L'ISLAMISTE ET LE DIPLOMATE

Organisée par : l’Association Canadienne pour les Nations Unies (ACNU) – Grand Montréal
Date : Mercredi 22 février 2012 à 18 h 30
Lieu : Salle de conférence, Osler, Hoskin & Harcourt, 1000, rue De La Gauchetière Ouest,
21e étage, Montréal.


Conférenciers : Professeur Sami Aoun, Professeur titulaire à l'École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke et chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques à l’UQAM.

Mots de bienvenue et remerciement des partenaires par Michel Duval, secrétaire de l’ACNU-Grand Montréal

Mots de bienvenue, remerciement des partenaires et introduction à la conférence par Louise Lamarre Proulx, présidente de l’ACNU-Grand Montréal
            La présidente relate que présente les événements qui se passent dans les pays du Printemps Arabe sont l'objet constant de l'attention des Nations Unies en particulier le Conseil de sécurité et le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

Pour le secrétaire général des Nations Unies, monsieur Ban Ki-moon, tel qu'exprimé récemment dans son discours du 2 février 2012, à Herzliya en Israël, le printemps arabe est un événement historique qui va dans le sens des buts promus par la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l'homme,  soit la règle du droit, la démocratie et la dignité individuelle.



Présentation de Monsieur Sami Aoun, de sa formation, de sa carrière et de ses pistes de recherches par Michel Duval



Communication du Professeur Sami Aoun

M. Sami Aoun remercie l’ACNU-Grand Montréal pour l’invitation.
Au sujet du printemps arabe, il exprime qu’on se trouve entre optimisme et pessimisme. Il présente les trois grandes dynamiques du printemps arabe, qui sont
·      La fin du verrouillage des systèmes. Le people se lève pour la première fois pour terminer le verrouillage. La peur est maintenant du côté des gouvernants (au lieu du côté du peuple).
·      La montée de l’islamisme. Il s’agit d’un « islamisme centriste et étatiste », attiré par le modèle turc.
·      L’émancipation de la société civile : la montée de la jeunesse connectée, de l’individu et des femmes.
M. Aoun parle des « menaces certains », qui sont entre autres :
·      « L’étouffement de la démocratie » (comme on le voit au Yémen, en Syrie etc.)
·      « Le printemps arabe comme œuvre d’un complot étranger »
M. Aoun s’interroge également sur le rôle des États-Unis dans le contexte du printemps arabe : est-ce que Barack Obama est leading from behind ? Est-ce que les États-Unis jouent le rôle du « shérif hésitant » en faveur de la démocratie ? M. Aoun parle d’une balance entre valeurs (de la société civile) et intérêts stratégiques de la part des États-Unis.
M. Aoun parle de la diplomatie des grandes puissances : la Chine, la Russie et l’Inde.
Il thématise également les trois grandes hyper puissances régionales : Israël, la Turquie et l’Iran.
Ensuite, M. Aoun s’adresse au sujet de la ligne des états arabes (la crise du leadership) ainsi que le blocage géopolitique du printemps arabe.
M. Aoun met en évidence la reconfiguration idéologique à l’exemple de la Tunisie, de la Libye, du Yémen, d’Égypte et de Syrie :
·      Au sujet de la Tunisie, M. Aoun constate qu’il s’agit du modèle le plus réussi. On peut parler d’une « modernité imposée ». On cherche une « modernité consensuée ». Le partage du pouvoir (l’art du compromis en application) joue un rôle important. Le problème qui s’impose est que la Tunisie ne possède pas de richesses, qu’elle fait face a des problèmes économiques, et qu’elle constitue un état « non rentier ».
·      L’exemple de la Libye : « fin tragique du livre vert : l’hybridité excentrique entre valeurs républicaines, populisme et activisme islamo-nationalistes ».
·      Le Yémen : une des menaces dans le cas du Yémen constitue la polarisation entre le nord et le sud, entre les shiites et les sunnites. Le Yémen prend la direction vers une nouvelle constitution : « reconstruction de l’État ou son effondrement ». Une approche graduelle devient nécessaire. Il faut finir « l’alerte guerre » pour créer un « alerte de transition ».
·      Égypte : le cas d’Égypte est marqué par le profil du Président et par le transfert des pouvoirs entre utopistes, opportunistes et réalistes. On remarque un conflit avec Washington : « l’anti-américanisme instrumentalisé ». On voit également une marginalisation du bloc libéral et la victoire de 70% des islamistes. Il y a deux extrêmes qui entrent en jeu, soit : l’Occident VS « tradition ».
·      La Syrie : M. Aoun dessine l’image de la crise syrienne : on y voit de la violence extrême, de la répression et de la destruction massive. La survie ensanglantée du clan Assad y joue un rôle crucial. M. Aoun parle de « l’encerclement de l’Occident stratégique par la Chine et de la Russie » et d’une « possible ré-balkanisation ». M. Aoun exprime que les événements en Syrie sont en contraste total avec ce qui se passe par exemple en Tunisie.
M. Aoun présente quelques perspectives au niveau idéologique et démocratique : il explique que l’horizon est ouvert, mais que les gens n’ont pas de garantie que les choses vont aller dans une direction ou une autre. Parfois, il y a un décalage entre les slogans et leur applications : dans certains cas, leur application devient très difficile. Il y a également un conflit entre les stratégies révolutionnaires et les stratégies contra-révolutionnaires.
La grande question est : quelle gestion libérale faut il faire ?




Période de questions


Q: Quel était le rôle de la jeunesse et leur usage des medias dans le contexte du printemps arabe?

A (Sami Aoun): L’élite libérale des jeunes avait une influence certaine sur le commencement du printemps arabe. Mais ils n’étaient pas les seuls, il y avait d’autres groupes qui jouaient un rôle important. La population était quand même déjà connectée avec les réseaux. L’utilisation des médias par la jeunesse avait un effet multiplicateur (à l’aide des réseaux comme twitter, youtube et des blogues), mais non pas un effet créateur du printemps arabe. Les cyber activistes et les blogueurs contribuaient à la mobilisation de masse. Il s’agit d’une révolution sans doctrinaires et sans doctrines.



Q: Quel est le rôle du Qatar?

A (Sami Aoun): Il s’agit d’un petit État avec des grandes ambitions. Grâce à Al-Jazeera, le Qatar va toujours jouer un rôle important. Il va se ranger comme médiateurs entre les Américains et les islamistes. Mais il n’a pas prétendu faire avancer la démocratie



Q : Quel est le rôle de l’Union Européenne?

A (Sami Aoun): Il n’y a pas de vraie différence qualitative entre les actions et intérêts de l’Union Européenne et ceux des États-Unis. Il n’y a pas de grande différence entre les stratégies occidentales.



Mots de conclusion et remerciement du conférencier par M. Yves Théoret, membre administratif de l’ACNU-Grand Montréal

M. Yves Théoret remercie M. Aoun « pour un propos qui va au-delà de nos attentes ».




Présentation de Sami Aoun                                                                                           


















Mars 2012


acnu

CONFÉRENCE PUBLIQUE

LA PERTINENCE EN 2012 DU MODÈLE COOPÉRATIF POUR LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT
ET EN ÉMERGENCE


Anne Gaboury, présidente-directrice générale de Développement international Desjardins (DID)

Mercredi 21 mars 2012 à 18 h 30
Accueil dès 17 h 30

Salle de conférence Osler, Hoskin & Harcourt
1000 rue De La Gauchetière Ouest, 21e étage Montréal
(Métro Bonaventure)


L'assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2012, Année internationale des coopératives, en hommage à la contribution du mouvement coopératif à la réduction de la pauvreté, la création d'emplois et l'intégration sociale.
Depuis plus de 40 ans, DID s'emploie à partager avec les pays en développement et en émergence l'expérience et l'expertise du Mouvement Desjardins, le plus grand groupe financier de nature coopérative du Canada. Un lieu où les personnes sont au coeur de ses interventions visant le renforcement de la capacité d'agir et d'entreprendre des populations moins nanties.
La conférencière, Madame Anne Gaboury, avant d'occuper son poste actuel, a assumé diverses fonctions à la Confédération des caisses populaires Desjardins et a géré les activités de recherche et développement DID. Elle détient une maîtrise en psychologie et une maîtrise en administration des affaires (MBA). Depuis 2009, elle est aussi administrateur de société certifié (ASC).
La longue expérience et les compétences professionnelles de la conférencière nous assureront d'un exposé des plus instructifs sur le modèle coopératif en tant qu'outil à privilégier pour le développement international ainsi que sur les réalisations remarquables de DID dans ce domaine


La conférence sera enregistrée par le CCDMD. Elle pourra être revue sur notre site

acnugrandmontreal.com
Entrée libre sur inscription obligatoire acnu@uqam.ca ou par téléphone au 514-987-3000, poste 7621
La conférence sera en français suivie d'une période de questions en français et en anglais.














Février 2012





acnu

CONFÉRENCE PUBLIQUE

LE PRINTEMPS ARABE : LE DÉMOCRATE, L'ISLAMISTE ET LE DIPLOMATE

Professeur Sami Aoun

Mercredi 22 février 2012 à 18 h 30
Accueil dès 17 h 30

Salle de conférence, Osler, Hoskin & Harcourt,
1000, rue De La Gauchetière Ouest, 21e étage, Montréal.
(Métro Bonaventure).

Conférence sur l’éveil du monde arabe: Quelle démocratisation? Quelle islamisation? Et quelle diplomatie?

Professeur titulaire à l'École de politique appliquée, Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke et chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques à l’UQAM, M. Aoun constitue une référence en matière de vulgarisation des enjeux politiques au Moyen-Orient. Ses apparitions publiques, notamment à la radio et à la télévision, et les nombreuses publications qu’il compte à son actif, témoignent du regard éclairant que M. Aoun porte, avec intelligence et esprit sur un sujet complexe qu’il nous est plus que jamais essentiel de comprendre.


La conférence sera enregistrée par le CCDMD. Elle pourra être revue sur notre site

acnugrandmontreal.com
Entrée libre sur inscription obligatoire acnu@uqam.ca ou par téléphone au 514-987-3000, poste 7621
La conférence sera en français suivie d'une période de questions en français et en anglais.







Janvier 2012




Cliquez ici si ce courriel ne s'affiche pas correctement.
acnu

CONFÉRENCE PUBLIQUE
LES NATIONS UNIES ET LES DROGUES
Conférenciers:       Guillermo R. Aureano, Ph.D., Chercheur associé, Centre d’études sur la paix et la sécurité internationales (CEPSI), Université de Montréal – Université McGill; Coordonnateur des stages, Département de science politique, Université de Montréal
Pierre Claude Nolin, Sénateur
MERCREDI 18 JANVIER 2012 DE 18H30 À 20H30 (Accueil dès 17h30)
Pavillon Athanase-David, UQAM, salle D-R200
1440, rue Saint-Denis, Métro Berri-UQAM
Thèmes abordés :
Une présentation des principales dispositions des traités internationaux contre les drogues
Une analyse des enjeux économiques et géostratégiques qui ont présidé à leur formulation et qui conditionnent toujours leur mise en œuvre
La scène canadienne vue du Sénat : une description et un bilan depuis 2002
Conventions et rapports clés :
Les conventions des Nations Unies sur les drogues
    Convention unique sur les stupéfiants (1961) modifiée par le Protocole de 1972
    Convention sur les substances psychotropes (1971)
    Convention des Nations Unies contre le trafic illicite des stupéfiants et des substances psychotropes (1988)
Rapport mondial sur les drogues 2011, Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC/UNODC)
Rapport de 2002 du Comité spécial du Sénat sur les drogues, présidé par le Sénateur Pierre Claude Nolin.
La conférence sera enregistrée par le CCDMD. Elle pourra être revue sur notre site internet

ACNUGRANDMONTREAL.COM
Entrée libre sur inscription obligatoire acnu@uqam.ca ou par téléphone au 514-987-3000, poste 7621
La conférence sera en français, suivie d'une période de questions en français et en anglais 




Novembre 2011


Compte-rendu de la conférence publique "Est-il possible de vaincre les famines dans le monde? Le rôle de la FAO, l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture"(Christina Jürges)


Compte rendu de la conférence publique

Christina Jürges
EST-IL POSSIBLE DE VAINCRE LES FAMINES DANS LE MONDE ?

LE RÔLE DE LA FAO, L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES 
POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE

Organisée par : l’Association Canadienne pour les Nations Unies – Grand Montréal
Date : Mercredi 16 novembre 2011 de 18h30 à 20h30
Lieu : Pavillon Athanase-David, UQAM, salle D-R200, 1440, rue Saint-Denis
Conférenciers : Florence Rolle, agent principal de liaison, FAO, Washington, DCRaphaël Yimga Tatchi, expert en développement rural – sécurité alimentaire

Mots de bienvenue et remerciement des partenaires par Michel Duval, secrétaire de l’ACNU-Grand Montréal

Mots de bienvenue et introduction à la conférence par Louise Lamarre Proulx, présidente de l’ACNU-Grand Montréal
Mme Lamarre Proulx parle de la mission de l’ACNU-Grand Montréal qui est entre autres de « faire connaître les Nations Unies ». Mme Lamarre Proulx affiche et présente l’organigramme intitulé « Le système des Nations Unies », qui peut être trouvé sur le site des Nations Unies, sur le lien suivant : http://www.un.org/fr/aboutun/structure/org_chart.shtml.
Ensuite, la présidente attire l’attention sur la conférence du 18 janvier 2012 portant sur « le rapport mondial de l’ONUDC sur les drogues 2011 » ainsi que sur la conférence qui se tiendra le 21 mars 2012 sur le mouvement coopératif comme outil de développement avec la conférencière Mme Anne Gaboury.
La présidente indique le sujet de la présente conférence, qui est « la famine » et le rôle de la FAO.

Présentation des deux conférenciers et de leur travail par Michel Duval, secrétaire de l’ACNU-Grand Montréal

Communication de Raphaël Yimga Tatchiexpert en développement rural – sécurité alimentaire
Monsieur Yimga Tatchi remercie l’ACNU pour l’invitation à la conférence.
Monsieur Monsieur Yimga Tatchi commence sa communication en constatant que la faim existe dans des villes comme Montréal ou New York, mais que le contexte dans lequel on parle de la famine ce soir est différent.
À l’aide d’une présentation Powerpoint, Monsieur Yimga Tatchi affiche la structure de sa communication : il présente entre autres
· un « cadrage thématique et géographique »
· les « déterminants majeurs des crises alimentaires récurrents au Sahel
· ainsi que l’interrogation : « et si la sécheresse n’expliquerait pas tout ».
Monsieur Yimga Tatchi indique la définition du terme « famine » selon Larousse comme : « un manque total d’aliments dans une région pendant une certaine période ». Il nomme les exemples des famines au Niger, au Tchad, au Mali (en 2010) et à la corne d’Afrique (en 2011). Il parle des « communautés entières qui sont incapables à collectivement assurer durablement leur propre alimentation ». Monsieur Yimga Tatchi explique également qu’environ 300.000 enfants meurent chaque année comme conséquence de malnutrition. Il constate que le Sahel se trouve dans une situation particulièrement difficile. Dans le cas du Niger, la plupart des seize millions habitants vit dans le sud.
Au sujet des « déterminants majeurs des crises alimentaires au Sahel », Monsieur Yimga Tatchi évoque des éléments comme
· la « floraison de titres et ouvrages sur l’histoires des crises alimentaires » (en lien avec l’histoire de la colonisation)
· l’ « irrégularité de la pluviométrie tant sur le plan spatial que temporel ». Ici, Monsieur Yimga Tatchi distingue entre « deux ordres de cause des crises alimentaires » : les « causes conjoncturelles » (par exemple le climat) et les « causes structurelles » (par exemple le système de production, la pauvreté, les politiques et stratégies alimentaires inadaptées et les dynamiques démographiques).
Monsieur Yimga Tatchi fait également le lien entre les famines et la situation politique difficile (par exemple les coups d’États) dans les régions de crise. Il résume que « les crises alimentaires au Sahel comme au Niger sont la résultante d’un faisceau complexe de facteurs ancrés dans les dispositifs socio-économiques, les contingences politico-militaires et techniques, à l’échelle de l’ensemble de la société ».
Au sujet de la sécheresse au Niger, Monsieur Yimga Tatchi constate que le manque de pluie comme argument n’est pas suffisant. Les crises alimentaires des années précédentes (par exemple celles-ci des années 2004/5 ou 2007) peuvent être expliquées par des facteurs particuliers (comme l’invasion des criquets en 2007). Cependant, ces arguments sont insuffisants pour expliquer les crises alimentaires des années suivantes. Monsieur Yimga Tatchi souligne le fait qu’il faut lutter contre les facteurs qui causent la crise et non pas seulement contre la crise elle-même.
En 2010, Monsieur Yimga Tatchi s’est demandé quelles sont les ressources disponibles : selon lui, les ressources souterraines sont les plus importantes. Le Niger dispose également de zones humides, mais il faut se poser la question pourquoi celles-ci ne sont pas utilisées de la bonne façon ? Monsieur Yimga Tatchi souligne que la nature seule n’explique par la mauvaise situation alimentaire. Il note également qu’aujourd’hui, le Niger est retourné à la démocratie.
Monsieur Yimga Tatchi se pose la question comment sortir des crises alimentaires. Il explique que
· « les interventions humanitaires ne font pas tomber la pluie, n’organisent pas les producteurs à la base, n’organisent pas les filières agricoles et d’élevage, ne développent pas de nouvelles variétés de semences, ne modifient pas les rapports de force autour de l’accès à la terre, ne favorisent pas l’accès durable aux ressources financières, ne vulgarisent pas les itinéraires techniques agricoles, ne transforment pas les conseils municipaux et institutions communales, ne développent pas les capacités nationales à mettre en œuvre effectivement les choix politiques, elles n’augmentent pas les budgets des ministères, ne luttent pas contre la corruption ».
Pour conclure, Monsieur Yimga Tatchi présente quelques mesures urgentes pour améliorer la situation alimentaire. Il faut
· « sortir de l’urgence humanitaire » et gérer les risques des crises alimentaires,
· « sortir de la religion des bailleurs de fonds étrangers », et
· « arrêter de compter sur la pluie ».
Monsieur Yimga Tatchi attire l’attention sur l’« initiative 3N » : « Les Nigériens nourrissent les Nigériens ».

Communication de Florence Rolle, agent principal de liaison, FAO, Washington, DC
Mme Rolle s’interroge sur la question s’il est possible de vaincre les famines dans le monde. Au cours de ses années de travail, elle a notamment passé trois ans en Éthiopie sur le terrain et à Rome où elle a fait des analyses globales.
Selon Mme Rolle, les famines sont non seulement un problème national, mais aussi un problème global. Mme Rolle affiche le « FAO Hunger Map 2010 » : elle indique que l’Afrique subsaharienne est particulièrement affectée par les famines. Elle explique que les « pays en crise prolongée » se trouvent dans une situation particulièrement grave, ils souffrent d’une « gouvernance faible » qui lie à des famines.
Mme Rolle constate qu’il faut investir dans le secteur de l’agriculture. Comparé à l’investissement dans d’autres secteurs, l’investissement dans l’agriculture a un impact important sur les pauvres. Selon elle, investir dans l’agriculture veut dire réduire la faim. Cet acte lutte en même temps contre la pauvreté.
Mme Rolle montre que les investissements publics internationaux dans l’agriculture ont diminué dans le passé. Cependant, aujourd’hui, on voit une volonté de revenir à l’agriculture. Il faut noter que l’aide publique internationale ne constitue que 2% à 3% de l’investissement total, il s’agit donc d’une très petite part. Les investissements de capital fixe en agriculture ont ralenti.
Selon Mme Rolle, les deux facteurs clé pour lutter contre la faim sont
1) l’investissement et
2) les gouvernements stables.
Les prix des denrées alimentaires dans les pays ont augmenté pendant la crise (exemples : le riz, le blé, le maïs). La sous-nutrition a augmenté notamment dans les pays importateurs de denrées alimentaires. Dans plusieurs pays, on observe une augmentation des prix qui est accompagnée d’un abaissement de la sous-nutrition. Dans ces cas, les pays profitent de l’augmentation des prix. Dans d’autres cas, l’augmentation des prix est accompagnée par l’augmentation de la sous-nutrition. Ces pays souffrent donc des conséquences négatives.
Au sujet de la question « comment vaincre les famines », Mme Rolle nomme l’exemple du Brésil et de ses politiques nationales de combat de la faim. Les éléments stratégiques sont :
1. l’ « engagement politique »
2. un « système de protection pour les pauvres » (des programmes pour l’emploi et pour la croissance des revenus).
Dans cette stratégie, le cadre institutionnel est d’une grande importance. Il est aussi important d’avoir à sa disposition des ressources destinées à cette cause. Ce type de programme fut également réalisé dans d’autres pays, comme au Malawi, au Kenya, en Mozambique, en Zambie, en Éthiopie et d’autres. Le Ghana a été le récipiendaire du prix mondial de l’alimentation pour son programme exemplaire.
La FAO a été fondée au Québec en 1945. Mme Rolle s’interroge sur la situation de la FAO 65 ans plus tôt. Elle explique que les propositions d’autrefois sont similaires à celles d’aujourd’hui. Cependant, elle constate que la mise en place des propositions à la conférence en 1974 a échouée. Aujourd’hui, plusieurs changements sont en train d’être mise en place : il s’agit
· d’une « réforme en profondeur de la FAO » : tous les pays étaient d’accord qu’une évaluation de la FAO était nécessaire. Néanmoins, il est devenu évident que la FAO est une organisation importante ayant un rôle clé.
· d’une « réforme des autres institutions et des centres de recherche »
· d’une « réforme du Comité pour la Sécurité Alimentaire »
· de l’établissement des « partenariats plus forts » et de l’élection d’un nouveau directeur général de la FAO.
Mme Rolle souligne que la « réduction de la faim » constitue un but important pour le nouveau directeur général de la FAO, José Graziano da Silva (venant du Brésil).

Période de questions

Q: Est-ce que vous croyez encore à l’ONU et à ses compétences? Peut-on vraiment reformer l’ONU?
A (Florence Rolle): L’ONU est excessivement complexe. La FAO est une agence spécialisée qui répond à la « conférence » qui est formée de 199 membres qui ont des besoins différents. En plus, il y a de nombreux mécanismes globaux qui entrent en jeu.

Q: Personnellement, je crois à l’ONU. La volonté principale politique est souvent contrariée à la volonté des organisations comme la FAO. Cela souligne le besoin des organisations comme l’ONU. Ma question : pensez-vous que les pays qui souffrent de la famine, comme la Chine, le Brésil ou l’Inde, et qui ont réussi à s’attaquer au problème, vont ouvrir un chemin pour d’autres pays?
A (Florence Rolle): Personne n’a la réponse, mais les choses laissent prévoir que la situation s’améliora et qu’on va avancer.

Q : Est-ce que le sujet de la famine était toujours prédominant pour la FAO?
A (Florence Rolle): La pauvreté et la faim étaient des missions clé pour la FAO dès le début. D’autres aspects importants sont entre autres : le développement agricole durable, la malnutrition et les problèmes environnementaux.

Q : La FAO est-elle est un organe politisé?
A (Florence Rolle) : La FAO fonctionne sur deux modes : le budget annuel de la FAO, soit $600.000.000, venant des différents pays (un pays correspond à un vote), et le produit intérieur brut (PIB). Il y a aussi des ressources extrabudgétaires. Les donateurs ont des politiques d’assistance différentes : tandis qu’un pays favorise la cause des femmes, un autre pays attribue de l’importance à une cause différente.

Q : Ma première question : quelle est votre opinion sur la pêche illégale en Somalie?
Ma deuxième question : la Somalie se distingue dans une vingtaine de productions. Est-ce que le problème n’est pas plutôt une mauvaise intervention quand il s’agit des fonds qui sont donnés par l’ONU et la FAO? Est-ce qu’ils investissent dans les mauvaises industries?
A (Florence Rolle) Mme Rolle n’a pas d’informations sur la pêche illégale en Somalie. En ce qui concerne l’investissement, la FAO travaille avec ce qui existe en place. La FAO adapte son intervention aux conditions actuelles dans les pays. Dans le cas de la Somalie, elle fait face à un gouvernement qui n’est pas stable et à un système bancaire particulier (qui fonctionne sans institution bancaire).

Remerciement des conférenciers, résumé de la conférence et des idées exprimées, ouverture de la réflexion et mots de conclusion par Mme Hélène Delisle






Vaincre les famines récurrentes au Niger - Présentation de Raphaël Yimga Tatchi


Est-il possible de vaincre les famines dans le monde?
Association Canadienne des Nations Unies (ACNU), Grand Montréal, UQAM, le 16 Novembre 2011

Contribution au débat de M. Raphael Yimga Tatchi, yimgaraphael@yahoo.ca

1. Propos liminaires Mesdames et messieurs, chers amis bonsoir.

Permettez-moi, avant de rentrer dans le vif du sujet de dire ici toute ma profonde gratitude à l’endroit de l’Association Canadienne des Nations Unies (ACNU), Grand Montréal, pour l’honneur qu’elle me fait avec la présente invitation, de venir échanger avec vous sur un sujet d’une telle importance, les famines dans le monde.

La présente occasion est d’autant plus intéressante pour moi plutôt un « ouvrier des terrains de la famine », que cette conférence se joue assez loin des terrains réels où meurent effectivement des êtres humains parce qu’ils ont faim… Selon l’UNICEF, plus de 300.000 enfants meurent de malnutrition chaque année au Sahel. Plus de 10 millions de personnes y ont été victimes d’insécurité alimentaire. La distance d’avec « ces champs d’opération », pourrait donc favoriser des opportunités d’échanges sereins et instructifs. Je l’espère vivement. Indirectement confrontés que nous sommes dans cette salle à la réalité souvent brutale du sujet plutôt très sensible en débat ce soir.

Au-delà de la simple curiosité scientifique, académique ou simplement de culture générale, au-delà des reportages dans les médias marqués de forts relents de commisération, mon ambition ici aujourd’hui consiste à éclairer autrement ce vieux débat, un phénomène qui chaque jour attente à l’humanité intrinsèque d’un milliard d’individus (selon des nombreuses sources concordantes) en différents endroits de ce système-monde… Et notre présence là, nombreux, concernés, j’allais dire « INDIGNES », constitue à mon sens la preuve que nous restons encore sur notre faim sur les questions de famine dans le monde. Nous avons faim de savoirs et de connaissances sur la famine…

Mon propos va s’articuler autour de 5 points qui se complètent mutuellement :
♣ Un cadrage thématique et géographique rapide
♣ Une esquisse du tableau des déterminants majeurs des crises alimentaires récurrentes au Sahel
♣ Une interrogation : Et si la sécheresse n’expliquait pas tout au Niger?
♣ Tentative : Comment sortir des crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales récurrentes au Sahel, le cas du Niger
♣ Enfin… Quelques points en conclusion



2. Cadrage thématique et géographique de l’analyse

Comprenons-nous donc bien. Et ce d’entrée de jeu. Mon propos ici ne souhaite aucunement insinuer que près de nous à Montréal ici, Toronto ou à New York, des poches d’insécurité alimentaire n’existent pas. Que non. Seulement, je voudrais traiter ici de la famine comprise comme « un manque total d’aliments dans une région pendant une période » (Larousse, 2009). Elle se pose, s’expose ou même explose massivement, à intervalles de moins en moins grandes et avec une ampleur telle que l’attention de personne n’y échappe désormais. Les dégâts humanitaires s’imposent à tous. Les images de leurs conséquences aux plans nutritionnel et sanitaire à la fois sur les personnes et leur bétail font la Une des médias. Pensez à certains pays de la bande Sahélo-saharienne dont le Niger, le Tchad, le Mali courant l’année 2010. Et la Corne de l’Afrique, nous y sommes encore en 2011!

Ce dont nous parlons ce soir touche à la survie de communautés humaines entières, souvent plus de la moitié de la population dans des pays dans ce monde, qui se trouvent confrontées assez régulièrement au même problème de leur incapacité collective à assurer durablement et de manière autonome leur propre alimentation.

Assez régulièrement donc, cette responsabilité de se nourrir, consubstantielle à tout établissement humain normalement constitué, de manière récurrente donc, cet impératif constitutif de toute société humaine, de chaque cellule humaine de pouvoir assurer souverainement et dignement ses besoins alimentaires, se trouve tout à fait anormalement et sur une base plutôt régulière, être prise en charge par autrui et dans le cas d’espèce par la solidarité internationale.

Est-il possible de vaincre les famines dans le monde? Les famines sont-elles une fatalité? Ou plus précisément est-il possible de débarrasser les parties du monde encore systématiquement meurtries par ce fléau? Mieux, comment faire en sorte que des communautés humaines, quelques soient leurs conditions sociales et l’endroit de leur établissement, ne se trouvent pas en situations de « manque d’aliments qui fait qu’une population souffre de la faim » (Le Nouveau Petit Robert, 2007)?

Vous convenez avec moi qu’il s’agit là de questions d’une telle complexité que l’espace de notre conversation de ce soir ne suffirait à couvrir. La présentation de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), l’institution mondiale à laquelle le système des Nations Unies a décidé de confier la mission de s’assurer que la famine ne participe nulle part dans le monde, du quotidien des êtres humains nous permettra de la découvrir dans toute sa grandeur. Je vais me concentrer à vous entraîner, tout en gardant à l’esprit les termes généraux des problématiques globales de la famine, sur des terrains auxquels je suis plus familier.

Mes trajectoires professionnelles de cette dernière décennie m’ont transporté sur de nombreuses pistes des mondes ruraux d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Sa bande sahélo-saharienne en particulier, entendue comme cette zone de transition entre le Sahara et la zone dite soudanaise.

Le Sahel, les régions arides et semi-arides de ces deux sous-régions d’Afrique, revendiquent et ce depuis des décennies, les pires records dans les classements mondiaux en matière de crises alimentaires et famines. Pour ne pas trop vous égarer dans les méandres des situations sociopolitiques et économiques bien complexes de ces deux sous-régions, j’ai fait le choix de me référer essentiellement au cas particulier du Niger.


3. Les déterminants des crises alimentaires récurrentes au Sahel

Je ne vous surprendrais pas en vous révélant que plusieurs titres et ouvrages existent sur l’histoire des crises alimentaires au Niger... C’est désormais une branche dans l’industrie du savoir sur l’Afrique, à tout le moins en construction. C’est dire toute l’ampleur prise ces dernières décennies au Sahel en général par ce phénomène.

Sans sous-estimer l’ampleur ou même la pertinence des nuances dans la formulation des explications selon qu’il s’agisse des paysans, des responsables politiques nationaux, des Ong, des institutions de recherche agricole, financières, de développement, des autres acteurs des sociétés civiles nationales, régionales ou internationales, le tableau que je vais esquisser ci-après se veut une compréhension généralement partagée des crises alimentaires au Sahel.

Alors, que disent les historiens et experts des famines au Niger [Je peux rapidement citer Alpha Boureima Gado, Maxime Banoin, Jean Pierre Guengant, etc] notamment quant à ses déterminants majeurs? Une revue même rapide de la littérature spécialisée est très riche en enseignements :


♣ Le phénomène remonte à l’époque coloniale et l’accession à la souveraineté internationale en 1960 n’a en rien changé le profil général;
♣ Les pluies y tombent très irrégulièrement tant sur le plan spatial que temporel;
♣ Aussi, un complexe de facteurs interactifs influence (climat, démographie, épidémies, épizooties, invasions acridiennes, systèmes socio-politiques, économiques et culturels inadaptés, etc.) considérablement leurs stratégies d’adaptation à ce milieu très particulier;
♣ Les productions végétales et animales pluviales sont donc sujettes à une chaîne d’impératifs environnementaux.


Globalement, ils retiennent deux ordres de causes des crises alimentaires :♣ Les causes conjoncturelles
♣ Les causes structurelles


La première catégorie de causes majeures revoie à des circonstances particulières (catastrophe naturelle) occasionnant une pénurie généralisée (Yayé et Alpha Gado, 2006). Quatre sous-catégories de catastrophes naturelles sont assez courantes dans l’espace sahélien et à l’origine des crises alimentaires :• Les catastrophes hydrométéorologiques : sécheresse, tempête de sable, inondations ;
• L’action des ennemis des cultures (criquets, rongeurs, oiseaux granivores, chenilles, etc.) ;
• Les crises démographiques : Les épidémies et épizooties, les exodes massifs.
• Les autres catastrophes : les conflits armés, les incendies, etc.


La seconde catégorie, les causes structurelles ou chroniques se rapportent quant à celles aux dysfonctionnements de divers ordres qui radicalement affectent les capacités primaires des ménages à accéder aux moyens et ressources essentielles (foncier, capital bétail, l’eau, revenus, pouvoir, droits, etc). Toute chose qui les place individuellement et collectivement dans des conditions d’extrême vulnérabilité. Dans un tel contexte, il est courant d’assister à des situations de disponibilité de ressources alimentaires mais d’incapacités financières à y accéder. Dès lors, on parlerait mieux de crises des moyens de subsistance. Parmi les principales causes structurelles à l’origine des crises alimentaires on peut citer : • Les systèmes de production inopérants;
• Les dynamiques démographiques non maîtrisées (De plus de 16 millions d’habitants aujourd’hui, la population du Niger passera à près de 25 millions en 2025 et 50 millions en 2050 d’après les projections des spécialistes. La moyenne d’enfant par femme y étant supérieure à 7 enfants);
• La vulnérabilité et la pauvreté structurelles ;
• La déstructuration des réseaux d’entraide et de solidarité ;
• Les politiques et stratégies alimentaires inadaptées.


Il se dégage assez clairement donc que pour de nombreux analystes et acteurs sur les terrains, les crises alimentaires au Sahel comme au Niger sont la résultante d’une combinaison d’un faisceau complexe de facteurs à la fois ponctuels/circonstanciels/conjoncturels et structurels, plus ancrés dans des dispositifs socio-économiques, les contingences politico-militaires et techniques à l’échelle de l’ensemble de la société.

Il n’empêche que malgré ces éclairages, il s’est construit au fil des dernières décennies une tenace croyance que les infidélités de la nature (sécheresse, pluviométries capricieuses, etc) seraient la cause principale des crises alimentaires récurrentes au Sahel en général. Malgré les évolutions positives dans les dispositifs régionaux et internationaux depuis la mise en place du CILSS au lendemain de la crise de 1974 avec d’importantes capacités de production de savoirs et connaissances, de prévisions météorologiques sur le Sahel en général (Le Centre régional AGRHYMET, ACMAD, ICRISAT, etc), cette dernière décennie au Sahel a été plutôt riche de situations de catastrophes humanitaires.


4. Et si la sécheresse n’expliquait pas tout au Niger?

Quand j’arrive au Niger en Novembre 2003 pour travailler en milieu rural sur quelques enjeux en rapport avec les conflits entre opérateurs ruraux (éleveurs et agriculteurs essentiellement), le contexte de l’époque est celui de la mise en œuvre effective du processus de la décentralisation. J’avoue que j’étais plutôt sensible à l’argumentaire que je nommerai « Enviro-dépendant et pessimiste ». Il invitait en permanence à l’apitoiement… Voyez-vous cher monsieur, il ne pleut pas assez chez nous. Ils ne tombent que plus ou moins 350mm de pluie par an chez-nous… Vous comprenez pourquoi il nous reste que la solidarité internationale pour couvrir nos besoins alimentaires… Malgré qu’il m’arrivait de temps en temps de douter d’une telle malédiction, par prudence et surtout par convenance, d’autant que tout le monde reprenait le même discours, j’ai avalé la pilule…


Survint alors la fameuse crise alimentaire de 2005 dans le contexte des élections présidentielles de décembre 2004, du débat sémantique sur le terme famine et des Vèmes Jeux de la francophonie. Il vous souvient que l’ancien Chef de l’Etat déchu (Coup d’état militaire du 18 Février 2010) Mamadou Tandja était plutôt allergique à la campagne humanitaire internationale engagée pour « venir sauver des vies humaines au Niger, prises au piège de la famine ». Les activités de renforcement des capacités que nous menions alors en milieu rural s’arrêtèrent ou étaient à tout le moins au ralenti… L’ère était aux activités de distribution des vivres dans les villages. Ce n’était plus le moment des discours. Les programmes d’activités initiaux avec les tout nouveaux conseils municipaux sur leurs initiatives de développement local pouvaient attendre. Il me souvient d’ailleurs que pour « meubler notre temps » et « compatir » à notre manière à la situation… il nous fallut dans l’urgence imaginer quelques « activités humanitaires » au profit des communautés locales de nos zones d’intervention, disons pour ne pas rester oisifs…

J’ai donc été un témoin privilégié des dynamiques politiques et humanitaires locales, nationales et internationale en 2004/2005 de la crise alimentaire et humanitaire au Niger, avant, pendant et des années après. La reprise du cours normal des activités en 2006, un peu comme si rien ne s’était passé l’année précédente, comme si l’histoire est vierge de précédents aussi graves sinon pires, cette sorte « d’insouciance » m’installa immédiatement dans le doute puis progressivement dans une remise en question du « consensus Enviro dépendant et pessimiste » dont j’ai parlé plus haut.

C’est sur ces entrefaites que survient la toute récente crise alimentaire de 2010. Inutile de vous rappeler que je vis et travaille en milieu rural au Niger et plusieurs autres pays de la sous-région depuis relativement sept ans... Je suis au contact des autorités politiques et administratives à tous les niveaux. Je participe dans le cadre de mes différents mandats à la formulation, la mise en œuvre et l’évaluation de différents processus de développement dans le pays et la sous-région. Cinq années depuis 2005 se sont donc écoulées. Je refuse désormais de croire et reprendre à mon compte le discours partagé une fois encore que cette nouvelle crise alimentaire s’explique essentiellement par « l’arrêt précoce des pluies dans la deuxième décade de Septembre 2009 ». Selon le Bureau des Nations Unies à Niamey, « En 2009, l'irrégularité, la mauvaise répartition et l’arrêt précoce des pluies ont abouti à une insuffisance de la production céréalière et fourragère par rapport aux besoins de la population et du cheptel ». Tout y est. La mauvaise pluviométrie au cours de la dernière campagne agropastorale explique la situation catastrophique actuelle de famine (Yimga, 2011).

Je suis immédiatement rentré en rébellion contre certaines de mes certitudes sur des enjeux de la sécurité alimentaire au Niger. J’ai procédé à un renouvellement de mon regard jusque-là posé sur le pays et ses gens. J’ai entamé des recherches sur le potentiel de production agro-sylvo-pastoral du Niger avec un autre regard… Il faut dire que je les connaissais et les côtoyais dans une certaine mesure mais que dire quand la foi vous tient… La forte croyance, cette forte conviction que « C’est dame nature dans la plénitude de sa cruauté, la sécheresse en l’occurrence, le déterminant majeur de ces catastrophes humanitaires consécutives à la famine». Mes nombreux entretiens et découvertes sur ce riche pays m’ont définitivement conduit à la conclusion que la sécheresse n’explique pas tout le malheur des crises alimentaires et humanitaires qui de manière récurrente s’abat sur ce pays.


Je ne vais pas rentrer dans les détails des énormes potentialités et opportunités qui existent et à partir desquelles une véritable politique vers une souveraineté alimentaire durable peut être construite et conduite. Tous les meilleurs experts de ce pays-là sont unanimes pour souligner la possibilité d’une telle perspective. Et il faut se réjouir qu’enfin en 2011, de la bouche même de la plus haute autorité politique du Niger sortent des propos qui quelques mois seulement auraient pu être mal perçus sinon choquer.

« Le peuple nigérien a un immense défi à relever, un défi qui a un rapport avec sa dignité et son bonheur : le défi de l'éradication de la faim. Il est choquant que, de manière récurrente, nous soyons réduits à mendier notre pain quotidien auprès des autres peuples. Comme en témoignent les dernières élections, notre peuple a conquis sa liberté politique. Il lui reste maintenant à réaliser l'alliance de la liberté et du pain », Issoufou Mahamadou, Président de la République, Extrait du discours d’investiture le 08 Avril 2011. Un bien gros défi. Alors que faire ?


5. Comment sortir des crises alimentaires, nutritionnelles et pastorales récurrentes au Sahel, le cas du Niger?


Je vais certainement surprendre certains d’entre vous ce soir à cette étape de mon propos. Malheureusement vous n’aurez pas droit à un catalogue de recettes miracles. Je n’ai pas de potion magique à dévoiler ce soir. Si ça fonctionnait de la sorte, on n’en serait pas là depuis longtemps… Les sociétés humaines partout, au Sahel aussi ne fonctionnent pas selon des principes mécaniques, automatiques, … Il ne suffit donc pas de faire ci ou ça pour que tout redémarre. Je vais donc continuer de discuter d’idées, de postures, de processus, d’initiatives,…

Bien avant ma modeste personne, d’éminentes personnes et institutions depuis des décennies déjà pensent et travaillent sur cette problématique bien complexe il faut le reconnaitre. Pour autant, la situation n’a pas changé.


Préparez-vous d’ailleurs dans les prochaines semaines, si ce n’est déjà le cas, à répondre aux appels à dons et à votre générosité en faveur des peuples de pays du Sahel dont le Tchad, le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Mali, pour ne citer que ces derniers, car plus aucun doute n’est permis, les déficits céréaliers sont tels que nous nous acheminons vers une crise humanitaire d’envergure au courant de l’année 2012 si rien n’est fait. Malheureusement, même après avoir sauvé les meubles par une intervention humanitaire efficace, il reste que comme depuis des décennies, comme en 2009/10, comme en 2004/05, ainsi qu’en 83/84, en 73/74 etc, on n’aura pas réglé le problème au fond. On a juste soulagé ou soufflé sur la douleur…

Donc pour que ça change ou alors que ça comme à changer, que les conditions minimales de changement se mettent en place, les prérequis donc, il faut inventer de nouveaux paradigmes et inverser les tendances générales au Sahel car l’essentiel des moyens générés par votre solidarité, de même que les gigantesques interventions humanitaires arrivent pour sauver des vies humaines mais sur la durée, …
… ne font pas tomber plus de pluie
… n’organisent pas les producteurs à la base
… n’organisent pas les filières agricoles et d’élevage
… ne développent et mettent pas à la disposition des paysans de nouvelles variétés de semences mieux adaptées au Sahel (En 2010, le taux d’utilisation des semences de variétés améliorées a été seulement de 06 %...)
… ne modifient pas les rapports de forces autour de l’accès à la terre et son contrôle pour les femmes et cadets sociaux … n’organisent pas l’accès aux marchés
… n’améliorent pas la gouvernance de ces derniers
… ne développent pas les activités alternatives en milieu rural pour diversifier les opportunités d’augmentation des revenus des plus vulnérables
… ne favorisent pas l’accès durable aux ressources financières
… ne vulgarisent pas les itinéraires techniques agricoles efficaces
… ne transforment pas les conseils municipaux et institutions communales en acteurs efficaces du développement local, …
… et la liste est longue… La solidarité et les interventions humanitaires internationales … ne développent pas les capacités nationales à mettre en œuvre effectivement les choix politiques pourtant parfois formulés dans des documents de politiques et stratégies nationales … elles n’augmentent pas les budgets des ministères spécialisés
… ne luttent pas contre la corruption dans la mise en œuvre des projets de développement agricole et d’élevage
… n’organisent pas des systèmes de vulgarisation et de conseils agricoles de proximité
… ne promeuvent pas l’entreprenariat agricole à l’échelle des exploitations familiales
… les dynamiques spécifiques des écosystèmes du Sahel ne les préoccupent pas, elles n’ont pas vocation à développer dans la durée des capacités et mécanismes de résilience, etc

Les groupes de travail, les rapports, les réunions spécialisées sur le Sahel se succèdent et dans différents cadres. J’ai personnellement eu le privilège de participer à certains d’entre eux. Aussi, le nouveau gouvernement nigérien s’illustre depuis quelques mois à travers un discours politique de rupture sur le sujet et un ensemble d’initiatives dénommées les 3N « Les Nigériens nourrissent les Nigériens ». J’y reviens dans un instant.

Prenant en compte les particularismes du Sahel et les leçons tirées de nombreuses expériences de terrain commandent d’envisager d’importantes mesures dont les plus pertinentes me semblent être les suivantes :
♣ Il y’a urgence à sortir de l’urgence humanitaire… Les interventions humanitaires ne sont pas la solution au problème de l’irrégularité des pluies. Sortir donc de la gestion des crises pour embrasser les défis que posent les principaux risques et facteurs de vulnérabilité auxquels les producteurs Nigériens restent exposés depuis des lustres;
♣ Sortir de la croyance que des réponses durables peuvent être sérieusement attendues d’autres acteurs que le gouvernement... Construire Que l’Etat à travers tous ses dispositifs et son administration revienne au centre de la réflexion, de l’initiative et redéfinisse ses mandats de développement. Les terrains sont abandonnés à une foultitude d’acteurs infra étatiques (Ong nationales et internationales, coopérations techniques bilatérales ou multilatérales, coopératives, organisations paysannes, etc) dont toutes les activités sont trop localisées, éclatées, parcellaires et souvent contradictoires pour impulser une dynamique globale cohérente dans la durée ou à défaut, des effets d’entraînement nécessaires;
♣ Arrêter une fois pour toute de compter sur les pluies… Et ce n’est guère en priant plus fort et haut qu’un miracle s’opérera… Un peu comme si au lieu d’organiser radicalement et efficacement le déneigement à Montréal, on s’en remettait à nos divinités afin qu’elles s’occupent elles-mêmes de réduire les quantités de neige... Rentrer radicalement dans une nouvelle ère de gestion efficace des différentes ressources en eau qui heureusement existent … Le fleuve Niger passe quand même par le Niger! [Programme Kandadji de régénération des écosystèmes et de mise en valeur de la vallée du Niger]. Mais il y a plus de trente ans que c’est au stade de projet… Mieux vaut tard que jamais;
♣ Et même en continuant de pratiquer l’agriculture pluviale, la charge d’incertitudes y attachées commande d’autres choix techniques qui tardent à se mettre en place (Choix de semences adaptées, technique du Zai, etc)




Un mot donc sur les « 3N ». … Manifestement ils sont sur la bonne voie, une voie inédite dans le contexte des dynamiques politiques des dernières décennies au Niger. Le cap en termes de vision est fixé, il reste à souhaiter que l’étape de sa mise en œuvre et de son renouvellement conceptuel bénéficie des moyens et mécanismes adaptés qui lui assure de donner au peuple nigérien de sortir effectivement de ce que les autorités elles-mêmes nomment la mendicité…

Cette initiative aussi pertinente soit-elle sur le papier et progressivement sur le terrain, ne saurait s’imaginer dans sa mise en œuvre concrète en dehors des défis rémanents qui ont l’effet d’un faisceau d’hypothèques catégoriques sur toute entreprise en milieu rural nigérien dans les conditions actuelles. J’esquisserai ci-dessous quelques-unes pour illustrer :
♣ Les capacités de mises en œuvre (leadership politique, capacités stratégiques, techniques managériales/de gestion, mécanismes efficients de collaboration entre institutions/processus multi-acteurs, culture de la gouvernance transparente, etc)
♣ La question foncière rurale agricole et pastorale dans le contexte démographique dynamique;
♣ Redynamiser les institutions décentralisées en considérant les jeux d’intérêts entre les principaux des arènes politiques locales dont par en particulier la chefferie traditionnelle;
♣ Soutenir les dynamiques paysannes par le respect de leur autonomie, l’encouragement de leurs initiatives et en veillant à ce qu’elles ne se transforment pas en pôles bureaucratiques pour le recyclage de personnages qui n’ont rien à voir avec les producteurs;
♣ Travailler au changement des habitudes alimentaires car pendant qu’on parle de crise alimentaire à cause du manque de pluies pour la production du mil [Le déficit céréalier de plus de 520000 tonnes dont il est questions en ce moment c’est essentiellement du mil qu’il s’agit], la principale sinon même l’unique produit alimentaire des couches vulnérables, comment expliquer qu’en même temps et dans le même pays, l'oignon fait entrer à lui seul la moitié des recettes d'exportation des produits végétaux, soit environ 84 millions de dollars US en 2008. Le Niger est le premier pays producteur et exportateur d’oignon de l’espace CEDEAO, hors Nigeria. De même pour le niébé, sa contribution représente 30 à 40% des recettes, soit 68 millions de dollars US. Il est l’un des grands producteurs en Afrique de l’Ouest. Il arrive juste derrière le Nigeria qui produit 75 pour cent du total de l’Afrique de l’Ouest.
Chacune des idées ci-dessus rapidement esquissées constituent à elles seules des chantiers pour toute une vie humaine…


6. Quelques points en conclusion


Au bout du compte que retenir? Juste quelques points en conclusion non pour clore la réflexion sur le sujet mais simplement mon propos de ce soir et vivement que les échanges commencent :
♣ Il est important de resituer ou re ancrer les réflexions de ce soir dans celle plus générale/globale sur « l’aide au développement », la « coopération au développement », ce qui permettrait de mieux comprendre et de peut-être relativiser certains points;
♣ S’il est vrai qu’il y aurait une certaine « addiction » pour « l’aide internationale » à travers le fond de « stratégies assistantialistes » auquel recourent tous les acteurs [Ce qui me fait penser aux « courtiers du développement] locaux sur les terrains du développement pour avoir accès à « l’aide » (JP Olivier de Sardan, 2010), il convient à l’opposé de relever, ce en rapport avec les questions spécifiques de production végétale et animale, le pendant d’ « addiction », une certaine fascination pour tout ce qui sec, le « syndrome du désert »…
♣ Les impacts de la situation sécuritaire, des mines, du banditisme, des menaces terroristes sont pour le moment mentionnées comme ayant des impacts dans les secteurs du tourisme, des affaires, mais la réalité sur le terrain depuis 2010 dans les régions septentrionales ont déjà considérablement limité l’accès à certaines zones et la réalisation de certaines activités humanitaires et de développement ;
♣ Pour terminer, permettez-moi de résumer ma position : OUI il se pose un très sérieux problème de sécheresse et d’incertitudes pluviométriques au Niger comme dans l’ensemble du Sahel, MAIS le problème de la famine/sécurité alimentaire au Niger c’est pas la sécheresse ou encore ce n’est pas que la sécheresse. C’est même de moins en moins la sécheresse, c’est les hommes et les femmes du Niger et d’ailleurs qui ont à faire face à cette situation particulière certes. Et de Montréal d’où je m’exprime en ce moment, l’on est assez bien placé pour savoir combien l’ingéniosité humaine est illimitée face à l’adversité de la nature.


En tout état de cause, l’histoire nous enseigne qu’en tout temps, en toute circonstance et quelque soient les contingences de la nature, seuls le sens d’humanité, l’intelligence et les choix individuels et collectifs des hommes et des femmes dans chaque société humaine, déterminent leurs perspectives de VIE ou de MORT. Ainsi compris, en dehors des cas de véritable catastrophe naturelle, la récurrence de la famine au Niger est plus un fait politique qu’un accident de la nature.


Références bibliographiques
1. JP Olivier de Sardan, « Au Niger, le cycle des crises alimentaires », http://blog.mondediplo.net/2011-01-07-Au-Niger-le-cycle-des-crises-alimentaires, site visité le 12. 11.2011
2. Raphael Yimga Tatchi, « Se nourrir ou périr : invalider le binôme sécheresse/famine au Niger, Une analyse socio-politique de la récurrence des crises alimentaires au Niger » http://cahiers.cerium.ca/Se-nourrir-ou-perir-invalider-le , site visité le 12. 11.2011
3. http://www.reca-niger.org , site visité le 12.11.2011
4. Denis Michiels & Johny Egg avec la collaboration de Roger Blein et Francis Delpeuch, « Les politiques de prévention et gestion des crises alimentaires : Enseignements de la crise du Niger de 2005 », MAEE, DGCID, 2008
5. Peter Gubbels, “Escaping the Hunger Cycle, Pathways to Resilience in the Sahel”, Sahel Working Group, September 2011, Groundswells International




Présentation de Raphaël Yimga Tatchi, expert en développement rural - sécurité alimentaire

Présentation de M. Yimga Tatchi



Présentation de Florence Rolle, agent principal de liaison, FAO, Washington, DC


Présentation de Florence Rolle




Octobre 2011


Compte-rendu de la conférence publique "Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), une agence vitale pour 36,4 millions d'êtres humains déracinés" (Christina Jürges)


LE HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS (HCR)
UNE AGENCE VITALE POUR 36,4 MILLIONS

D'ÊTRES HUMAINS DÉRACINÉS
Organisée par : l’Association Canadienne pour les Nations Unies – Grand Montréal
Date : Mardi 18 octobre 2011 de 18h30 à 20h30
Lieu : Pavillon Athanase-David, UQAM, salle D-R200, 1440, rue Saint-Denis
Conférenciers : Furio de Angelis, représentant du HCR au Canada, Denise Otis,conseillère juridique au bureau du HCR à Montréal

Mots de bienvenue et remerciement des partenaires par Michel Duval, secrétaire de l’ACNU-Grand Montréal

Mots de bienvenue et introduction à la conférence par Louise Lamarre Proulx, présidente de l’ACNU-Grand Montréal
Mme Lamarre Proulx parle de la mission de l’ACNU-Grand Montréal qui est de fournir un espace d'information et de discussion pour encourager un plus grand engagement de la société civile du Grand Montréal vis-à-vis l'action des organes principaux, des commissions et des agences spécialisées des Nations Unies.
Ensuite, la présidente attire l’attention sur la conférence de la FAO sur « la famine et l’aide humanitaire » qui se tiendra le 16 novembre 2011.
Mme Lamarre Proulx présente également le blog de l’ACNU-Grand Montréal que l’on peut trouver à l’adresse suivante :http://www.acnugrandmontreal.com/
La présidente présente le Haut Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés (HCR) et attire l’attention sur l’exposition photo installée dans la salle, présentée parCitoyenneté et Immigration Canada portant sur la Journée Mondiale du réfugié et sur des personnes réfugiées qui se sont intégrées à la société canadienne.
La présidente indique que le but de la conférence sera, à l’aide des conférenciers, d’apprendre plus sur l’état de la situation des réfugiés aujourd’hui, particulièrement la situation dans les camps des réfugiés.

Communication de Furio de Angelis, représentant du HCR au Canada
M. de Angelis s’adresse à l’audience en français au début de la conférence : il constate qu’il faut reconnaître les efforts de l’ACNU-Grand Montréal. Il exprime également un grand merci au Canada et aux Canadiens. Il continue sa présentation en anglais.
2011 is a special year, because amongst other things, we celebrate the 60th anniversary of the UNHCR Refugee Convention, which was passed in Geneva in 1951. Mr. de Angelis presents the original Nansen Medal, which was given to the people of Canada on November 13th in 1986 in order to recognize the people of Canada for their contribution to the cause of refugees. The first recipient of the Nansen Medal was Elenaor Roosevelt, 2011’s recipient is Nasser Salim Ali Al-Hamairy, founder of the Society for Humanitarian Solidarity. Mr. de Angelis emphasizes on Canada’s role as important and leading contributor to human rights.
Mr. de Angelis describes the work of UNHCR. He talks about the UNHCR offices that can be found in 125 countries and that work for the cause of more than twelve million refugees, asylum seekers and other displaces people. There is an increasing trend in these statistics. The goal of UNHCR is to provide protection and assistance to refugees and asylum seekers by providing them with basic needs and further help. UNHCR is often called the “guardian angel of the 1951 refugee convention”.
Today, UNHCR asks states to recommit to the basic needs of refugees, stateless people and asylum seekers. Mr. de Angelis estimates that it will take 50 more years until we can talk about full responsibility of states about statelessness.
Refugee protection is a global concern and it must be shared widely.
Mr. de Angelis talks about today’s situation and the problems that UNHCR faces: all the states have a joint agenda. It is an ambitious yet practical agenda, which serves as a guide for concrete actions for governments and NGOs. It is often difficult for the governments to distinguish between economic and forced emigration. Today, only 24 countries are offering resettlement places, which is an insufficient number compared to the large number of refugees. The goal of UNHCR is to address this imbalance, as expressed during the convention in Geneva. Women and the youth are especially affected: their harsh reality is often marked by sexual and gender based violence, insufficient health services and the lack of education.
Mr. de Angelis also addresses the problems that lie ahead:
· Refugees are returned to their countries where they face danger for their lives and for the freedom (Mr. de Angelis uses the French term “refoulement”).
· According to Mr. de Angelis, education must be the highest priority for refugees. Only 76% of refugee children go to elementary school. The percentage for the secondary level is even lower: it comes to only 36%. In both cases, the number of girls is lower than the number of boys. UNHCR presents a 5-year education strategy in order to expand the opportunities of education and increase the access to education.
· Another aspect mentioned by Mr. de Angelis is the detention of asylum seekers: the duration of detention can be overlong and the conditions can be very hard, which can lead to physical and psychological problems. It is shown that detention is not deterrent to immigration. Mr. de Angelis explains that the states have to review their detention practices and conditions.
· Mr. de Angelis also talks about the responsibilities of the media and the press, who often create a dangerous link between social problems like violence and criminality and the presence of refugees and asylum seekers. The positive contribution of migrants is not recognized.
· There is a legal vacuum when it comes to displaced people who are displaced because of natural disasters: there is no international legal regime for people affected by natural disaster to go to another country. The Nansen principles (established during the conference in Oslo, Norway in June 2011) are a founding stone to help solve this legal problem.
· All of the 20 countries that welcome the highest number of refugees are developing countries themselves. Mr. de Angelis criticized that these countries have to carry the heavier burden. Germany for example is in 25th place.
Canada has a liberal asylum policy. UNHCR consults with the government and the Canadian authorities; they have established healthy relationships. Canada can be seen as an advocate of multilateral actions (which reflects the spirit of the United Nations) and as an important supporter of strategic resettlement (for instant, Canada also supports the “Mexican Plan of Action”). Therefore, Mr. de Angelis concludes that Canada is a very important partner for UNHCR.

Communication de Denise Otis, conseillère juridique au bureau du HCR à Montréal
Mme Otis présente le travail du HCR au Canada : le bureau du HCR consiste en des employés nationaux et un Représentant qui est un employé international, qui forment trois équipes dans trois régions : Vancouver, Toronto et Montréal. Mme Otis voit le Canada comme étant un pays d’asile et de réinstallation important. Mme Otis constate que le gouvernement est responsable pour les besoins matériels des réfugiés. Ainsi, les responsabilités du HCR constitue en 1) la protection des réfugiés, 2) la réinstallation des réfugiés, et 3) la mobilisation du public.
Entre autres, les équipes visitent les installations frontalières qui s’occupent de la sécurité aux frontières, par exemple aux aéroports. La tâche du HCR est de superviser le statut des réfugiés et d’être présent pendant les audiences au tribunal. Le HCR observe les processus aux tribunaux des demandeurs d’asile. L’équipe s’interroge aussi sur les lois liées à la demande d’asile : quelles personnes ont le droit d’obtenir d’asile et quelles personnes ne remplissent pas les critères. Une cause importante pour le HCR sont les « personnes vulnérables », par exemple des personnes qui ont fait des expériences traumatiques.
Le HCR à Montréal travaille aussi avec d’autres organismes qui sont « sur le terrain ». Ensuite, le HCR sera capable de prendre des démarches auprès du gouvernement, si cela est nécessaire.
Le HCR à Montréal intervient également de façon individuelle, surtout dans le cas des « personnes vulnérables ».
L’équipe du HCR veut renforcer la connaissance sur la situation des réfugiés dans le public Canadien. En plus, le HCR répond aussi aux besoins d’information en fournissant des réponses. Très souvent, le HCR est la source première d’information quand il s’agit de la question des réfugiés. Dans le même contexte d’idées, l’équipe du HCR à Montréal organise des ateliers annuels et se consacre à l’éducation dans le monde scolaire, du gouvernement, des organisations para-gouvernementales et des NGO dans ce domaine.

Période de questions
Q: Is there a discrepancy between the novel cause and reality? Is it difficult to address problems that exist in certain countries if Canada shares economic interests with these countries (example: the Mexican woman in Montreal who has been sent back to Mexico)?
A (Furio de Angelis): Canada has still a long way to go, but people have to see what Canada has already accomplished. There are standards submitted by independent sources and everyone has to comply to them. The standards are always being improved.
Q: Please elaborate on the topic of statelessness, the change of national boarders and nationality (example: Uzbekistan, Russia)
A (Furio de Angelis): In the past, lots of people have been falling into the cracks because of changes like this. In case of the Soviet Union, UNHCR had a lot of participation by doing lots of drafting for the new nationhood and citizenships, all while working together with the governments. Also, the topic of statelessness has been addressed during the Convention on the Reduction of Statelessness in 1961.
Q : Pourriez-vous SVP parler du brouillon qui a été discuté à Oslo au sujet du déplacement à cause des catastrophes naturelles?
A (Furio de Angelis): Les principes humanitaires de Nansen qui ont été établis reconnaissent que le problème du déplacement à cause des catastrophes naturelles existe. Ceci constitue une excellente base et un bon cadre pour les actions qui doivent suivre.
Q : Le comité parlementaire étudiera un nouveau projet de loi qui peut avoir des conséquences négatives pour les réfugiés (parce qu’il mènera à plus de détentions). Dans le cas où cette loi sera signée par les Canadiens, cela pourrait encourager d’autres pays à faire pareil.
A (Furio de Angelis): UNHCR is in constant contact and negotiation with countries. Canada’s own legislation already responds to the basic rights of stateless human beings. Canada should maintain the model and inspire other countries to do so. There is a current debate between UNHCR and the government. UNHCR tries to stay close to the government’s need andUNHCR’s own believes and goals at the same time.

Q : Expliquez SVP le système actuel de demande d’asile au Canada tout en le comparant avec des régimes d’autres pays.
A (Denise Otis) : Les pratiques au Canada sont déjà très complexes. Il est donc difficile de faire une comparaison. Les recours possibles au Canada sont par exemple de faire un appel, d’évaluer les motifs humanitaires ainsi que les risques d’un renvoi. Bien sur, il existe encore d’autres possibilités de recours.


Mots de conclusion et remerciement des conférenciers par Robert Letendre,trésorier de l’ACNU-Grand Montréal
« Le HCR c’est l’ONU à son meilleur ».

Compte-rendu : Christina Jürges



Présentation de Furio de Angelis, représentant du HCR au Canada 


United Nations Association in Canada
-Greater Montreal
Association Canadienne pour les Nations Unies – Grand Montréal
Public Conference
UNHCR – a vital Agency for 36, 4 millions of uprooted human beings
Pavillon Athanase-David
Université du Québec à Montréal (UQÀM)
Keynote Address, Tuesday 18 October 2011
Madame Chair Lamarre-Proulx, Members of the Board of Administrators of the United Nation Association in Canada – Greater Montreal, Ladies and Gentlemen:

Good evening.
I would like first to acknowledge the efforts of the United Nations Association in Canada - Greater Montreal Section, toengage the Canadian public in the work of the United Nations and the critical international issues which face us all.
It is a pleasure for me to be with all of you tonight in Montreal to speak to you about the United Nations High Commissioner for refugees and its mandate. Moreover, 2011 is a very special year as the Agency is celebrating the 60th Anniversary of the 1951 Convention relating to the Status of Refugees, the 50th Anniversary of the 1961 Convention on the Reduction of Statelessness and the 150th Anniversary of the birth of Fridtjof Nansen, a Polar Explorer from Norway and the First League of Nations High Commissioner for Refugees.
I take this opportunity to bring your attention to the existence of the Nansen Refugee Award, given to an individual or an organisation in recognition of extraordinary and dedicated service to refugees. It is the most prestigious honour conferred by UNHCR. More than 60 individuals, groups or organisations have won theNansen Refugee Award since Eleonor Roosevelt became the first winner in 1954. This year the laureate is Nasser Salim Ali Al-Hamairy, from Yemen, who founded the Society for Humanitarian Solidarity, which provided life-saving support to refugees coming in boats in the Yemen’s southern Regions.
Exceptionally, the People of Canada received the Award in 1986 in recognition of their essential and constant contribution to the cause of refugees within their country and around the world. Canada was described then as a leading contributor to international humanitarian and refugee aid programmes.Canada has from the beginning, supported international efforts on behalf of refugees. It has one of the best records for resettlement of refugees and a leading UNHCR donor. The Governor General’s Office has accepted to lend theNansen Refugee Award to the Montreal City Mission and we are privileged to have the medal exhibited in this auditorium tonight.
***
The foundation of UNHCR’s mandate lies in its Statute, adopted by the United Nations General Assembly in 1950. In addition, the General Assembly, the Economic and Social Council and UNHCR’s Executive Committee or “EXCOM”, comprised of 85 UN Member States, govern and have helped to shape UNHCR through Resolutions and activities for some 60 years. Other elements shaping UNHCR’s work are contained in the 1951 Convention relating to the Status of Refugees and its 1967 Protocol, in individual Country Agreements with Governments concluded by UNHCR regarding operations in countries where the organization maintains a presence, and national legislation of a number of State Parties to the Refugee Convention which make mention of UNHCR and/or elements of the UNHCR mandate and functions, such as in Canada.
UNHCR advocates for the protection of some 43,7 millions persons of concern (the highest number in 15 years) which includes (10, 55 millions of) refugees, (14, 7 millions of) persons internally displaced in refugee-like conditions, (2, 5 millions of) voluntarily repatriated, (12 millions of) stateless persons and (850,800) asylum seekers. In 2011, already 750,000 persons became refugees.
UNHCR is one of the world's principal humanitarian agencies, staffed by more than 6,123 personnel in 125 countries. More than 80% of its work takes place in the field, with 60% of staff working in difficult and often dangerous non-family duty stations.Numerous partners within the UN system and Non-Governmental Organizations assist in UNHCR’s work.UNHCR staff is governed by a strict code of ethics with regard to their professional conduct and behavior. A regular cycle of training relating to the UNHCR Code of Conduct and functional expertise is required for all staff.
States are primarily responsible for providing protection and assistance to asylum seekers and refugees. As of the 1 April 2001, 147 States were party to either the Refugee Convention or the 1967 Protocol, with additional States offering asylum within their territories despite the lack of formal commitments acceded to under international law, thus demonstrating a broad-based acceptance of humanitarian and refugee protection principles. In countries where national authorities are either unable or unwilling to extend protection to refugees, UNHCR may implement operations that seek to address needs such as promoting admission to safe territory, undertaking refugee status determination, ensuring access to shelter, food, health, education and other personal needs, and promoting durable solutions. In 2010, UNHCR received directly 89,500 applications for international protection. In countries where national authorities seek to meet the needs of refugees and persons of concern to the Office, UNHCR undertakes a support and monitoring function, to assist States in meeting their international obligations and to oversee implementation of those obligations. These activities are specifically required of UNHCR by State Parties to the Convention, as reflected in the UNHCR Statute and the Refugee Convention, Article 35.
UNHCR also produces tools to support and harmonize State Parties application of the refugee Convention. The Handbook on Procedures and Criteria for Determining Refugee Status (which will be submitted to review again next year) remains an authoritative tool for decision makers assessing asylum applications within refugee status determination procedures.EXCOM Conclusions also constitutes another source of guidance and pronouncements relating to refugee protection. In addition, UNHCR regularly gathers, produces and circulates legal and protection policy research, as well as country specific background information.
The 60th anniversary of the 1951 Refugee Convention, which defines who is a refugee, the rights of refugees, and the legal obligations of States to protect them, offers the opportunity to ask States to recommit to the basics of refugee protection and to “think beyond the basics”.
Allow me to dwell a few minutes on the issue of the statelessness as it is one of the main focuses of the UNHCR commemorations this year. If nationality might seem like a universal birthright, 12 million people around the world – probably an underestimated number – are trying hard to get along without it. This means, in practice, a daily struggle for legitimacy, to establish a legal residence, to find work, to access medical assistance and education for their children. It is thought-provoking that nationality legislation is still being drafted that writes into law the deprivation of nationality on the grounds of gender, of national origin, or even because of disapproved marriages. UNHCR estimates that “At the current rate of three ratifications every 12 months to one or other of the Statelessness Conventions, we may be looking at another 50 years before we can talk about a truly global assumption of responsibility to reduce the statelessness problem.” States are thus invited not only to sign and ratify the two Conventions on Statelessness but also to draft citizenship legislations and end discriminatory rules, such as those prohibiting a mother from passing her citizenship on to her children. Where States had broken up, or new ones had been formed, it is crucial to plan ahead, so that people would not be left without nationality.
The said commemorations will culminate in December with a ministerial meeting in which States would be asked to pledge their commitment to operating in a manner that would change the course of refugee protection and statelessness in a positive way, and to develop an action plan for the period to come.
***
Refugee protection is global concern and a common trust. This means that responsibility for it is shared, not individual. It also means that, unless this is shouldered widely, it may be borne by none. This is one of the salient lessons of the last 60 years from UNHCR’s perspective and burden-sharing is a common thread within international protection. How is the situation today? There has been some progress.
UNHCR and States adopted a joint Agenda for Protection in 2002. The Agenda is an ambitious, yet practical, programme of action to improve the protection of refugees and asylum-seekers around the world. It is intended to serve as a guide for concrete action, not only by UNHCR, but also by governments, NGOs and other partners. Although not a legally binding document, the Agenda has initiated the 10-Point Plan which is increasingly employed as a planning tool by UNHCR and by States, to improve management of asylum and migration linked movements.
When it comes to resettlement, there have been important success stories, with 24 countries now offering resettlement places. Resettlement departures have however decreased in 2010 amounting to 73,000 compared to over 84,000 persons in 2009, also due to the fact that UNHCR submissions have been for the last years superior to the number of places put at disposal by resettlement countries and backlog in the processing of resettlement cases were created. Resettlement places are still offered at an insufficient number when measured against need. The reality is that for every 100 refugees in need of resettlement, only 10 are resettled each year. Hence a “10 of 100” project was launched at this year’s Annual Tripartite Consultations on Resettlement (ATCR), aiming to realize a 10 percent increase in resettlement places, including emergency and medical places, in line with UNHCR’s 2010-2011 Global Strategic Priorities and the Agenda for Protection.
In view of the prolonged nature of several of todays’s major international conflicts, refugee experience is becoming increasingly drawn-out for millions of people worldwide. UNHCR defines a protracted refugee situation as one in which a large number (around 25,000) of people are stuck in exile for five years or longer. The High Commissioner started an initiative in 2008 to call the world interest in the plight of persons locked in protracted displacement with some situations now resolved and others – but not all – moving positively forward. Quoting the High Commissioner: "One refugee without hope is too many." The world is failing these people, leaving them to wait out the instability back home and put their lives on hold indefinitely. Developing countries cannot continue to bear this burden alone and the industrialized world must address this imbalance. We need to see increased resettlement quotas. We need accelerated peace initiatives in long-standing conflicts so that refugees can go home."
Protracted displacement disproportionately affects women and youth. This was spotlighted through the series of Regional Dialogues with Women and Girls, which were organized as part of the 60th anniversary events, from November 2010 to May 2011, in India, Colombia, Jordan, Uganda, Zambia, Thailand and Finland. These Dialogues underlined the critical importance of effective and sustained engagement with refugee communities in developing protection strategies. The women shared the harsh reality of their lives in refugee camps and urban sites with clear-sightedness and candor. They described the impacts, including sexual and gender-based violence, of lack of documentation, overcrowded and unhealthy shelter arrangements, inadequate health services, the lack of educational opportunities and unsafe and poor quality schools. One cross-cutting concern was the absence of livelihood possibilities in camps and in urban settings, with failure to invest in this being linked to negative coping strategies like survival sex and damaged prospects for successful integration or reintegration into communities when displacement ends. Refugee communities, properly enabled, are in fact “providers of first resort” when it comes to their own protection. In spite of the obvious importance of investing in livelihoods, this has yet to become a serious priority for the international community.
This leads me in the challenges of 2011. The world for many millions remains a very insecure place. Hazard is not an abstract concept but in many situations an ever present, proximate and lethal threat.
There were unfortunate incidents of Refoulement of high visibility which have occurred in a number of regions of the world, including in Europe, Asia and the Middle East. Non-refoulement is a principle in refugee law that concerns the protection of refugees from being returned to places where their lives or freedoms could be threatened.
Urban refugees and asylum-seekers are a growing protection challenge as numbers increase, programmes to secure protection, health, housing and education are costly and not always supported, and resettlement and repatriation remain realistic solutions for very few. Many urban refugees are dependent on UNHCR for financial, psycho-social and protection support, but the needs far outstrip the possibilities and the gaps are many.
Education is one of the highest priorities of refugees, and has a vital role to play in their protection and ability to find sustainable solutions. Access to education is, though, limited. Refugee enrolment in primary school is only 76 per cent globally and drops to 36 per cent at secondary level. Girls are at a particular disadvantage. In East Africa and the Horn, for example, only five girls are enrolled for every 10 boys. Refugee education is also generally of a low quality due to high teacher-pupil ratios and a lack of teacher training. As a result, many refugee children are unable to learn the skills, especially literacy and numeracy, which would enable them to claim their rights, to withstand the challenges of displacement and to rebuild their lives. Many of these difficulties derive from resource constraints. While UNHCR’s education budget has risen in recent years, it has not kept pace with needs and demands. The projected budget for 2012, for example, is $71 million, while the Comprehensive Needs Assessment stands at $180 million.
UNHCR is formulating a five-year education strategy, drawing upon the recommendations of a recently completed independent review of the state of refugee education worldwide. The new strategy will inter alia seek to improve learning achievement amongst refugee children, to increase access to post-primary education and training, and to expand opportunities for refugees to participate in tertiary education, for example through certified distance education programs.
Detention of asylum-seekers continues to create great individual hardship in many countries on the American continent, in Oceania, Asia, Europe, and the Middle East. The duration can be over-long, the conditions unjustifiably harsh and the possibilities for legal oversight or review very limited. It has reached the point in some countries where there are actually more due process safeguards regulating detention of criminals than of asylum-seekers. There is a critical need for states practicing detention at least to review the processes in place for its regulation.
A UNHCR-commissioned study released earlier this year found that there is no empirical evidence that detention deters irregular migration, and that compliance or cooperation rates with the outcome of asylum decisions, even negative ones, are regularly higher than 90 percent when persons have been released into non-detention supervision arrangements. As a practice, detention has proved seriously detrimental to the physical and psychological health of asylum-seekers and refugees. It is being maintained in spite of mounting evidence that costs for detention are generally substantially higher than for less coercive, but just as effective, alternatives to detention. UNHCR continues to promote alternatives to detention and has been encouraged by initiatives taken in some states to pilot such alternatives.
With the rising trend of detaining asylum-seekers, there was a decline in “protection space” and “humanitarian space”, due to fears of terrorism, trans-national crime and irregular migration. Alternatives to detention and solutions to the dangers of maritime flight and other issues needed to be addressed in an egalitarian, rights-based manner.
Migrants and refugees are too often linked in the press to social problems, like the rising rates of unemployment, or to violence and criminality. Asylum-seekers and refugees from outside a region will often be classified, without qualification, as abusers of national systems, particularly where their travel has been facilitated by smugglers. Relatively little attention is given by the media, or by those who feed it, to the human side of people movements and to the root causes of migration, or the consequences, including separation of families, unaccompanied children or trafficking; nor are the positive contributions of migrants sufficiently recognized.
Boat arrivals can provoke fears and high emotions which may be difficult for Governments to manage. In our experience, an approach built predominantly around closing borders and trying to prevent movement is not the answer, as it does not work. In fact it can make situations even more difficult to deal with.
In many refugee situations, there is also the challenge of addressing impunity. This is a 60th anniversary issue, and we have planned a joint examination, together with human rights bodies and international criminal law institutions, of emerging complementarities between respective bodies of law and practice.
Sexual Gender Based Violence and impunity is an also an issue of high significance. Such violence tends to impact disproportionately the more vulnerable, with women, girls and boys exposed to extreme forms - rape, brutality and killings. UNHCR is making a determined effort to respond with Sexual Gender Based Violence standard operating procedures now in place in over 90 percent of our camps and multiplying when it comes to urban locations as well. Women and girls will have a prominent place during the 60thanniversary commemorations.
Asylum-seekers and refugees from outside a region will often be classified, without qualification, as abusers of national systems, particularly where their travel has been facilitated by smugglers. Relatively little attention is given by the media, or by those who feed it, to the human side of people movements and to the root causes of migration, or the consequences, including separation of families, unaccompanied children or trafficking; nor are the positive contributions of migrants sufficiently recognized.
Apart from how to handle these practical protection challenges, the legal implications of displacement driven by forces other than persecution, human rights violations and war, have yet to be seriously thought through. There is a legal vacuum when it comes to the plight of populations whose states physically are engulfed and disappear, the so-called “sinking islands” phenomenon. The natural disaster victims who are displaced externally will also confront an uncertain legal situation. Such issues also need to find a place on the 60th anniversary commemorations agenda.
***
Countries with strong economies are more likely to be capable of absorbing and supporting refugees. By comparing the refugee population with the average income level of a country (measured by the Gross Domestic Product per capita), a measure can be obtained of the relative impact of hosting refugees. The reality is that among the 20 countries with the highest number of refugees according to that measure, all are developing countries, including 12 Least Developed Countries. At the end of 2010, Pakistan had the highest number of refugees compared to its national economy, followed by the Democratic Republic of the Congo, Kenya, Chad, the Syrian Arab Republic, and Ethiopia (149). The first developed country was Germany, in the 25th place. Following the uproar caused by the Arab Awakenings this year, and the conflict in Ivory Coast and Somalia, numbers may be increasing, but developing countries will most likely be receiving the heavier burden.
Countries like Canada are important in support of international protection. In 2010, around 12 000 Government-Assisted Refugees and Privately Sponsored Refugees were resettled to Canada as permanent resident and that number may increase in the future. As for asylum seekers, 32, 457 claims for asylum were finalised and 38% of that number received a positive answer. The number of claims has diminished due mostly to the imposition of visas against Mexico and Hungary, two main source countries for asylum seekers.
Canada maintains a liberal asylum policy, as reflected in the broad definition of the term “refugee”, included in the Immigration and Refugee Protection Act (IRPA), which incorporates elements of the definition contained in Refugee Convention. UNHCR exercises its supervisory responsibility under Article 35 of the Convention, which has been incorporated into national legislation through IRPA s.166, in a variety of ways, including through direct monitoring of refugee status determination procedures before the Immigration and Refugee Board (IRB). UNHCR consults with government interlocutors on legislative, regulatory and procedural developments, observes and comments on Canadian policy and practice,promotes best practices in line with international standards including on best interests of the child, gender and age mainstreaming, vulnerable applicants and detention andworks with non-governmental groups to monitor developments and makes demarches with the government as required.Canadian authorities regularly share draft policy and operational documents with UNHCR seeking input regarding conformity with international obligations. UNHCR commentary highlights linkages and gaps between national legislation and implementation mechanisms, the Refugee Convention and guidance produced or approved by its Executive Committee.
UNHCR is joined by a range of effective refugee advocacy groups in its work of strengthening public understanding and building a more sympathetic environment for refugees and asylum seekers in Canada. This is particularly important where the parliamentary standing committee on Citizenship and Immigration devotes a significant portion of its work program to studying refugee issues.
Canada is an advocate of multilateral action. Canada is an important supporter of the Strategic Use of Resettlement and a promoter of Multilateral Frameworks of Understanding as an approach to addressing refugee populations comprehensively. It continues to be an instrumental support for the Mexico Plan of Action, which seeks to address displacement issues in the Americas in a comprehensive manner. For all these reasons, Canada is an important partner for UNHCR and this is also why it is important for UNHCR to maintain a presence in the country. I will ask Denise Otis to briefly address our role and responsibilities are in Canada.
Thank you for your attention.





Présentation de Denise Otis, conseillère juridique au bureau du HCR à Montréal




Association Canadienne pour les Nations Unies – Grand Montréal
Conférence publique
Le HCR: une Agence vitale pour 36,4 millions d’êtres humains déracinés
Pavillon Athanase-David
Université du Québec à Montréal (UQÀM)
Texte de la conférence, Mardi 18 Octobre 2011
Je remercie chaleureusement Madame Louise Lamarre-Proulx, Présidente de l’Association Canadienne des Nations Unies du Grand Montréal ainsi que M. Robert Letendre pour nous avoir donné cette unique opportunité d’avoir cet entretien avec vous sur le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés qui a l’occasion cette année de commémorer des événements historiques importants tel que mentionnés par notre Représentant au Canada. Je vais me permettre de référer à mon employeur en utilisant l’acronyme « HCR » pour alléger certaines phrases.
La présence du bureau du HCR au Canada remonte aux années 70 et se sont ajoutés à la représentation principale à Ottawa, deux bureaux satellites à Toronto et à Montréal. Nous avons eu également une présence à deux reprises dans l’Ouest, notre bureau à Vancouver ayant fermé depuis le début de l’année 2011.
Le personnel du HCR est composé actuellement de quinze personnes, un personnel essentiellement de type « national » ; seul le Représentant fait partie du club exotique du personnel dit « international ».
Nous avons trois équipes réparties dans les trois régions vouées en particulier à la problématique des demandeurs d’asile et une centralisée à Ottawa pour la réinstallation. Une autre équipe s’occupe des relations publiques et de l’information.
Le Canada demeure un pays d’asile et de réinstallation de premier plan, un important donateur pour le soutien aux programmes du HCR et un membre actif du Comité exécutif du HCR. Ces rôles complémentaires déterminent les activités du Bureau du HCR au Canada. Comme dans la plupart des pays industrialisés, le HCR n’assume aucun programme d’assistance au Canada. Le gouvernement fédéral et les provinces partagent la responsabilité de répondre aux besoins matériels des demandeurs d’asile et des réfugiés. Les activités et les objectifs du HCR se résument à trois dimensions étroitement reliées: la protection et la réinstallation des réfugiés ainsi que la mobilisation du public et des gouvernements pour soutenir les réfugiés et le mandat du HCR.
Essentiellement, le travail de protection du HCR au Canada porte sur la révision, l’analyse et promotion des droits eu égard aux procédures nationales d’accès au territoire par les demandeurs d’asile de même qu’aux procédures – souhaitées entières, justes et rapides - relatives au processus de détermination du statut de réfugié. Pendant la première année de la mise en œuvre de l’Entente sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis, le HCR a été intensément impliqué en tant qu’observateur et il a depuis intégré un suivi particulier de cette Entente dans ses activités de surveillance régulières aux ports d’entrée terrestres. Le HCR et ses équipes de protection visitent ponctuellement les installations de l’Agence des Services Frontaliers du Canada aux ports d’entrée des frontières terrestres ainsi qu’aux aéroports, de même qu’aux centres de détention gérées par la même Agence ou autres lieux où les personnes sous la compétence du HCR sont susceptibles de se trouver, ce qui incluent également les établissements de détention sous juridiction provinciale. Le HCR assiste à des audiences ou autres procédures devant la Commission de I’Immigration et du Statut de réfugié, Citoyenneté et Immigration Canada, plus spécifiquement « CIC intérieur », où les demandeurs d’asile peuvent aussi présenter leur besoin de protection internationale. Le HCR pourra à l’occasion observer des audiences devant les tribunaux supérieurs, en particulier la Cour Fédérale.
Le bureau du HCR au Canada exerce donc sa responsabilité de supervision en vertu de l’article 35 de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, laquelle a été incorporée de plusieurs manières dans la législation nationale via l’article 166 de la Loi sur l’Immigration et la protection des réfugiés, incluant l’observation directe des procédures de détermination du statut de réfugié devant ledit tribunal. Notre bureau peut aussi observer les procédures également à huis clos de contrôle des motifs de détention des demandeurs d’asile détenus soit pour identité, risque de fuite ou criminalité.
Le HCR reconnaît que, eu égard aux autres États, le Canada maintient une politique d’asile généreuse, comme le reflète la définition extensive du terme « réfugié », incluse dans la loi nationale qui incorpore non seulement les éléments de la définition qui apparaît à la Convention de 1951 mais en outre offre une protection complémentaire ou additionnelle pour les personnes qui risquent d’être torturées ou qui craignent une menace à leur vie ou qui risquent de faire face à des traitements ou peines cruels ou inusités dans leurs pays d’origine.
Le HCR est par ailleurs consulté par ses interlocuteurs gouvernementaux sur les développements législatifs, réglementaires et procéduraux. Il les observe, il les commente et fait la promotion de pratiques exemplaires respectant les normes internationales par exemple celles sur l’intérêt supérieur de l’enfant, celles sur l’intégration des critères d’âge, de genre et de diversité, sur les demandeurs d’asile vulnérables ainsi que sur la détention. Il travaille avec des organisations non gouvernementales pour surveiller les récents développements en matière de droits des réfugiés au Canada et il entreprend des démarches auprès du gouvernement si nécessaire. Les autorités canadiennes partagent régulièrement les ébauches de politiques et de documents opérationnels avec le HCR, lui demandant son avis sur leur conformité avec les obligations internationales. Les commentaires du HCR mettent l’emphase sur les liens et les lacunes, d’une part, entre la législation nationale et ses mécanismes de mise en œuvre et d’autre part, la Convention de 51 et autres sources semblables produites ou approuvées par le Comité exécutif. Il arrive que le HCR intervienne dans certains cas individuels, surtout les plus vulnérables.
Le HCR trouve alliance avec divers groupes de défense des droits des réfugiés et des demandeurs d’asile dans sa tâche de renforcer la compréhension du public. Il est fondamental pour les personnes en besoin de protection internationale de créer un environnement plus ouvert face aux réfugiés et aux demandeurs d’asile au Canada. Ceci est particulièrement important vu que le Comité parlementaire permanent de la Citoyenneté et de l’Immigration consacre une part significative de son plan de travail aux questions relatives aux réfugiés.
Le Canada est un défenseur de l’action multilatérale. Il est un tenant important du Groupe Cadre sur l’utilisation stratégique de la réinstallation et joue un rôle-clé dans le soutien du Plan d’Action de Mexico, dont l’objectif est d’étudier de façon globale les problématiques de déplacements de populations dans les Amériques. Le HCR encourage cette implication concrète du Canada.
Le HCR répond régulièrement aux demandes d’information provenant des autorités et autres intéressés au Canada, de façon récurrente ou ad hoc. Ces requêtes peuvent être de nature générale ou spécifique. Fort d’une présence significative à travers le monde, le HCR est fréquemment bien placé pour fournir des réponses. Considérant son implication intensive dans la plupart des situations de réfugiés, le HCR peut souvent constituer une source première d’information. Se voulant promouvoir les « espaces de dialogue », le HCR non seulement offre ses ressources pour la formation à ses différents partenaires (Gouvernements, milieu juridique, ONG, milieu académique, réfugiés et demandeurs d’asile) et met sur pied annuellement des ateliers sur un sujet d’intérêt commun en matière de droit des réfugiés pour y dégager idéalement des recommandations.
Je vous remercie de votre attention.







Quelques nouvelles de l'ACNU-Grand Montréal

Chers membres et amis de l'ACNU-Grand Montréal,

Voici quelques nouvelles de la vie institutionnelle de notre section.

Assemblée générale du 6 juin dernier et composition des instances de l'ACNU-Grand Montréal

La dernière assemblée générale a eu lieu tel que prévu en juin dernier. Mme Louise Lamarre Proulx a été élue présidente de la section. Le conseil accueille quatre nouveaux administrateurs soit Me Catherine Bleau, M. Michel Duval, M. Robert Letendre et M. Yves Théoret. Ils se joignent à messieurs Sami Aoun, Louis Dussault, Gilles Gingras, et Charles Vallerand. De plus, à sa réunion du 8 septembre dernier, le conseil d'administration a invité deux nouvelles personnes à siéger au c.a. Il s'agit de M. Normand Brais et de Mme Danièle Arnaud.

L'assemblée a exprimé sa reconnaissance à Mme Michèle Bertrand, la présidente sortante qui a tant fait pour l'ACNU-Grand Montréal au cours des huit dernières années ainsi qu'aux administrateurs qui ont quitté le conseil, soit M. Michel Barcelo, M. Claude-Yves Charron, Mme Nicole Trudeau, M. Michel Sirois et M. Gilles Vincent.

Le nouveau comité exécutif de l'ACNU-Grand Montréal est formé de Mme Louise Lamarre Proulx, présidente, M.Gilles Gingras, vice-président, Michel Duval, secrétaire et Robert Letendre, trésorier.

Programme de conférences des prochains mois

À l'occasion du 60è anniversaire de la ratification de la Convention des Nations Unies sur le statut des réfugiés, la saison s'amorcera, le 18 octobre prochain, par une conférence portant sur le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Les conférenciers seront monsieur Furio de Angelis, le représentant du HCR au Canada et madame Denise Otis, conseillère juridique auprès du bureau de Montréal du HCR.

Le professeur Sami Aoun a accepté de donner une causerie sur le printemps arabe. La date est à déterminer.
La famine qui sévit dans la région de la Corne de l'Afrique nous conduira à traiter de la question des politiques agricoles et de la sécheresse.
Il conviendra aussi de souligner de façon particulière l'année internationale des coopératives proclamée par l'ONU pour 2012 ainsi que le 20e anniversaire de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer.
D'autres sujets de conférence pourront s'ajouter au programme au cours de l'année.

L'avenir de l'ACNU-Express

Il a été décidé de prendre un temps de réflexion relativement à la poursuite de la publication de l'ACNU-Express et sur le format que pourrait prendre un bulletin électronique dans l'avenir. Pour les nouvelles onusiennes, nous vous invitons à consulter l'excellent site web de l'ONU à l'adresse http://www.un.org

De plus, avant les conférences, nous mettrons sur notre site web,http://www.acnugrandmontreal.com, quelques articles écrits par nos bénévoles ou membres et amis et portant sur le sujet de la conférence. Ainsi, pour la conférence du 18 octobre, il y aura un article d'une étudiante en science politique à l'Université de Montréal, portant sur le thème d'un camp de réfugiés se situant à Tindouf, ville au sud de l'Algérie, abritant des réfugiés en provenance du Sahara occidental. Traitant à la fois de l'aspect politique et humanitaire, cet article aborde un sujet qui constitue un exemple de l'action du HCR.

Pour nous envoyer un courriel, voici l'adresse :


Au plaisir de vous revoir à nos activités ! ACNU-Grand Montréal, septembre 2011.
http://www.ieim.uqam.ca/acnu_un_drogues.htmlhttp://www.acnugrandmontreal.com/acnu@uqam.camailto:acnu@uqam.ca

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